Dans nos lieux communs, ces lieux où l’on retourne sans y mettre un pied, vidés de leurs présences, et pourtant si chargés: un espace étrangement personnel. Assourdissant par son silence. Malaisant. Familier. Un néon vacillant. Un couloir d’école évacué de son agitation. Un toboggan dans un parc pour enfants une fois qu’ils sont couchés. Plus de témoins. Pas une plante. Pas un scutigère. Des sas, des intervalles, des passages encore inexplorés mais que je crois reconnaître.
Un lieu générique mais déjà une fois apprivoisé.
Suis-je déjà passé ici?
Mes souvenirs parlent la même langue, mes cauchemars aussi. Internet t’a donné un nom, celui de backroom. D’autres avant te qualifiaient déjà de liminal. Tu créer la fascination. Nostalgie et malaise vont parfois de pair. Tu inquiètes. Tu as bien changé, toutefois je te reconnais. J’y reviens, encore, réconfort discret, dissonant. Dépourvu de ta nature tu secoues et frotte la mienne. Une version de toi a été bien délaissée, abandonnée. Le même écho laissé par une fatalité, celle du temps, de l’impermanence.
Ton étrangeté porte sa dimension magique.
Le déplacement que tu infliges.
Le constat que tu affiches :
il n’y a personne ici
theoretical liminal hellscape
La réalité c'est un gros gruyère.
J’ai glissé par erreur, dans les trous, les pores de la réalité. Sa texture s’est déchirée. J’ai fini dans le verso de ta substance.